Rang Saint-Hilaire, Rue Corbin, Chemin Brissette et Rue Larochelle

Rang Saint-Hilaire

Nous avons interrogé des personnes ayant vécu plusieurs années dans ce rang et tous se rappellent que le chemin séparant les rangs 7 et 8 du canton Estcourt porte le nom de Rang Saint-Hilaire depuis de nombreuses années. Tout nous amène à croire que ce nom a été donné  communément à ce chemin parce que des familles St-Hilaire ont été parmi les premières à s’y installer. En effet, dans le recensement de 1911 on retrouve la famille de Jean St-Hilaire et celle d’Alfred St-Hilaire domiciliés dans ce rang, voisins de Joseph Skilling. On retrouve également, comme conseillers municipaux, Joseph en 1914 et Philias en 1918. En 1915, dans le registre paroissial, on note le mariage d’Elzéar, fils de Jean, avec Alice Morneau. Par la suite, il n’y a plus de trace de St-Hilaire dans les documents officiels. Dans le recensement de 1921 ces familles n’apparaissent pas, elles ont alors certainement quitté la région. C’est en 1983 que le nom de cette rue a été officialisé au nom de Rang St-Hilaire.

Rue Corbin

Dans le registre paroissial de Rivière-Bleue, à l’année 1913, on trouve la présence d’Augure Corbin marié à Marie Saucier. Une descendante, madame Marina Corbin, mentionne que son arrière-grand-père Augure opérait un « steam boat » sur le lac Long. Cette famille est également présente dans le recensement de 1921, tout comme celle d’Amable Corbin. Le petit-fils d’Augure, Roland, s’est marié en 1952 avec Marie-Louise Thibault et a habité sur la rue portant maintenant son nom. À la demande de la famille, ce nom a été donné au chemin autrefois appelé rang 3, ce qui a été officialisé le 12 décembre 1985.

Chemin Brissette

Dans le recensement de 1921, on retrouve la famille d’Alexandre Brissette dans le secteur du lac Long. Celui-ci est né aux États-Unis. Il a alors 54 ans, son épouse, née au Québec, est âgée de 49 ans. Ils ont un fils, Georges, âgé de 13 ans. Il n’y a pas de trace de cette famille par la suite dans les registres paroissiaux de Rivière-Bleue même si cette famille est identifiée comme catholique. C’est le 26 mars 1980 que cette rue longeant le lac Long a été officialisée au nom de Chemin Brissette.

Rue Larochelle

La première présence de Larochelle dans les registres paroissiaux date de 1923 par le baptême de Gabrielle fille d’Alexandre Larochelle et de Rose-Anna Collins. Par la suite, c’est en 1941 que le nom de Larochelle apparaît de nouveau lors du mariage d’Albert Larochelle avec Rita Nadeau. Entre 1943 et 1956, il y a 8 baptêmes issus de cette union dans les registres paroissiaux. La maison de cette famille était située sur une petite rue jouxtant la rue des Peupliers Ouest. C’est le 12 décembre 1997 que cette rue a officiellement porté le nom de rue Larochelle.

Pour la petite histoire

Lorsque la municipalité amorça le développement d’un nouveau quartier sur les terrains qui devaient être dévolus à la construction d’une polyvalente, un concours a été adressé aux élèves de l’école : c’est donc à eux que l’on doit les noms : rue des Loisirs, rue de l’Amitié, rue de la Jeunesse.

(Denis Landry)

Ce texte provient de la série « Et si on parlait de toponymie… » publiée dans le Journal Entre Deux Lacs. Elle permet de savoir qui sont ces personnalités dont les noms ont été donnés aux parcs, aux bâtiments, aux rues et aux cantons.

Botsford : rang et canton

Amos Edwin Botsford, cultivateur, officier de milice, juge de paix, juge, homme politique et homme d’affaires, né le 25 septembre 1804 à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, décédé le 19 mars 1894. Au cours des années 1830, il fut juge de paix et doyen des juges à la Cour inférieure des plaids communs du comté de Westmorland. Toujours sur le plan local, il servit dans le 2nd Battalion of Westmorland County Militia et devint capitaine en 1823. Neuf ans plus tard, il accédait au grade de lieutenant-colonel et succédait à son père à la tête de cette unité, commandement qu’il conserverait jusqu’en 1867.

Comme sa famille s’intéressait activement aux affaires publiques, Botsford tentât sa chance dans l’arène politique. Candidat aux élections de 1830, il fut défait dans la circonscription de Westmorland qu’avaient occupée son grand-père et son père. Trois ans plus tard, il devint membre du Conseil législatif et le demeura jusqu’à la Confédération. Il siégea également au Conseil exécutif de 1838 à 1840.

À titre de conseiller, Botsford représenta parfois le Nouveau-Brunswick à des pourparlers interprovinciaux et internationaux. En 1836, par exemple, il fut nommé commissaire pour régler la question de la frontière avec la Nouvelle-Écosse ; en 1839, il se rendit à Québec pour déterminer la frontière entre le Bas-Canada et le Nouveau-Brunswick et, la même année, à Washington, à titre de commissaire chargé d’examiner le problème frontalier concernant notre région.

Par la suite, il fit une longue carrière politique et d’homme d’affaires.

Son intervention dans le règlement du litige frontalier avec les États-Unis fit qu’on nomma en son honneur le canton de Botsford.  

(Denis Landry)

Ce texte provient de la série « Et si on parlait de toponymie… » publiée dans le Journal Entre Deux Lacs. Elle permet de savoir qui sont ces personnalités dont les noms ont été donnés aux parcs, aux bâtiments, aux rues et aux cantons.

Escourt : canton et quartier de Pohénégamook

James Bucknall Bucknall Estcourt, officier et arpenteur anglais, né le 12 juillet 1802 à Londres, fit carrière comme militaire. Après plusieurs affectations qui lui valurent une progression rapide, il fut promu major le 21 octobre 1836, puis lieutenant-colonel honoraire le 29 mars 1839. Son régiment, qui avait été envoyé au Nouveau-Brunswick en juin 1834, avait accompli une marche célèbre jusqu’au Bas-Canada lors de la rébellion de 1837–1838. Au cours des derniers mois de 1838 et en 1839, en plus de remplir ses tâches régimentaires, Estcourt dirigea les travaux d’arpentage des routes dans le Haut-Canada. Par la suite Estcourt, retournera en Angleterre et reviendra au Canada en  1843 lorsqu’il sera nommé commissaire britannique chargé de la délimitation de la frontière entre les États-Unis, le Nouveau-Brunswick et le Bas-Canada, dont le tracé avait été prévu dans l’article 6 du traité Webster-Ashburton signé avec les États-Unis en 1842. Entre 1843 et 1845 avec des arpenteurs et jusqu’à 500 bûcherons, il délimita la frontière actuelle. En outre, ils tracèrent  les limites sud-ouest et sud, depuis le lac Pohénégamook, au Bas-Canada, jusqu’à la rivière Saint-Jean Sud-Ouest, et la limite ouest le long du 45e parallèle jusqu’au Saint-Laurent. Ce travail fixait de façon définitive une frontière qui avait depuis longtemps gâché les relations anglo-américaines.

Estcourt retourna en Angleterre en 1846. Par la suite il continua sa carrière avec le grade de général de brigade, affecté à la force expéditionnaire britannique de la Crimée où il décéda  en juin 1855 du choléra.

Son travail dans la délimitation de la frontière avec les États-Unis fit qu’on nomma en son honneur le canton d’Estcourt et le village du même nom.  

(Denis Landry)

Ce texte provient de la série « Et si on parlait de toponymie… » publiée dans le Journal Entre Deux Lacs. Elle permet de savoir qui sont ces personnalités dont les noms ont été donnés aux parcs, aux bâtiments, aux rues et aux cantons.

Bibliothèque Jacques-Langlais

Jacques Langlais est né à Rivière-Bleue en 1921. Ses parents, le notaire Alphonse Langlais et  madame Mathilde Masson, originaires l’un de Kamouraska, l’autre de Québec, s’installent chez nous en 1920. Gérard et Madeleine viendront compléter le foyer Langlais.

La famille occupe d’abord la maison du Docteur Janelle au 47 St-Joseph Nord puis elle déménage près de la gare au numéro 90. C’est donc à Rivière-Bleue que Jacques vit toute son enfance, village et enfance qu’il décrira avec des anecdotes bien savoureuses dans sa biographie  Du village au monde : à la rencontre des cultures.

A la fin du primaire, comme tout jeune qui veut poursuivre ses études, Jacques devient pensionnaire chez les Pères de Sainte-Croix à Saint-Laurent. Puis, ses «études classiques» terminées, il entre au noviciat de Pointe-Claire en 1941. Il sera ordonné prêtre le 2 février 1946.

C’est alors que commence la vie très spéciale de Jacques Langlais, père de Sainte-Croix, missionnaire en Haïti, puis en Inde. Le choc culturel éprouvé dans ce pays si différent de notre monde occidental  et la rencontre de Jules Monchanin, un prêtre catholique qui s’est mis à l’école de l’hindouisme, orienteront le reste de sa vie. Devant abandonner le service missionnaire à cause d’ennuis de santé, il se consacrera dorénavant à l’étude des religions d’Orient, de l’islam,  du judaïsme, de la spiritualité autochtone, cherchant à établir des ponts entres elles.

Dans ce but, il fonde en 1963 le Centre Monchanin lequel deviendra le Centre interculturel de Montréal, de réputation internationale. De 1994 à 1997 il sera le président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, conférence dont il avait été l’un des initiateurs. Il travaille au rapprochement des Juifs et des Chrétiens et, en cela, a l’oreille de Rome.  De nombreux autres  Conseils, Conventions, Forums, articles, livres et conférences  lui sont dus, tous poursuivant le même but : le rapprochement des religions et la défense de l’inter-culturalisme.

En reconnaissance de son travail, le père Jacques Langlais sera nommé membre de l’Ordre du Canada (2002) et Chevalier de l’ordre national du Québec (2005). Il recevra aussi le prix Ezékiel-Hart du Congrès juif canadien. Il décèdera à Montréal en 2008.

Cette même année, notre  bibliothèque, alors située au sous-sol de l’édifice municipal, était entièrement rénovée grâce à une subvention du ministère de la Culture et à la contribution de la municipalité. À la suggestion de madame Gilka Théberge, le Conseil municipal décida d’honorer ce fils de Rivière-Bleue, méconnu des siens, mais sommité internationale, en nommant la bibliothèque municipale : Bibliothèque Jacques-Langlais.

(Laurette Beaulieu)

Ce texte provient de la série « Et si on parlait de toponymie… » publiée dans le Journal Entre Deux Lacs. Elle permet de savoir qui sont ces personnalités dont les noms ont été donnés aux parcs, aux bâtiments, aux rues et aux cantons.

Rue du Moulin

Le moulin Blue River Lumber a été construit en 1913 aux confluents des rivières Bleue et St-François par trois entrepreneurs, le Sieur Thomas du Maine, Messieurs England et Crawford du Nouveau-Brunswick. Terminé en 1914, en même temps  que la voie ferrée du National Transcontinental, il permettait de traiter à Rivière-Bleue tout le bois qui était auparavant «draver» vers  les scieries le long de la St-Jean.

Un inventaire réalisé en 1919 pour les assurances évaluait cette scierie à 270 000$, bâtiments, équipement, terrains et fournitures. Elle était à l’époque la plus importante de tout le Témiscouata. Une «side line» desservait le moulin. Elle partait de la cour d’embarquement de la gare, suivait le tracé de l’actuelle rue des Pins, contournait le village derrière les maisons de la rue de l’église, passait derrière le magasin J.A. Beaulieu – plus tard le Magasin Laforest – pour aboutir à la scierie. Là, la «side line» se divisait en trois branches, dont une desservant le hangar à bardeaux. Les wagons s’arrêtaient aussi au magasin Beaulieu pour y charger les billes de bois déposées là par les colons.

Ce qui s’est appelé longtemps «Rue du Moulin» est le tronçon de voie désaffectée qui allait en diagonale de la rue de l’Église vers la rue St-Joseph Sud – actuellement un parc – et continuait jusqu’à l’usine Nadeau.

Sur cette photo du moulin vu de la rivière, vous remarquerez, en haut à droite, le hangar à bardeaux, en bas à droite, l’entrée d’eau pour générer la vapeur. Du bas de la rivière  au faîte du moulin, on comptait 4 étages.  En haut légèrement à gauche on voit une maison blanche, plus tard la maison Dubé. À l’époque il y avait là un petit magasin où les jeunes achetaient leurs bonbons et, certains soirs, on y donnait des pièces de théâtre.

Sur la photo «Jour de bazar à Rivière- Bleue», on voit que la rue des Pins est encore surélevée: pour ce que l’on sait, la voie a été désaffectée dans les années ‘’40 et sans doute cela était-il récent.

Sur la dernière photo vous voyez une partie de cette «side line» derrière le magasin général de J.A. Beaulieu, là où est présentement le parc. Portant chapeau, Thérèse et Irène Beaulieu, le chien Kiné et ????, ????. Vous aurez reconnu, au fond à gauche l’immeuble à logements de Gaétan GrandMaison.

Ces photos et d’autres encore -1 008 exactement -sont à votre dispositions à la gare. La base de cette collection, ce sont les photos recueillies lors du 75e de Rivière-Bleue par Nicole Dubé et Gilka Théberge. Se sont ajoutées ces dernières années les photos confiées par les Riverains et,  sous forme numérique seulement, toutes celles du livre du 100e.

Grâce à ces documents nous pouvons suivre l’histoire de notre communauté. Nous vous invitons à y jeter un coup d’œil et aussi à l’enrichir d’autres documents.

Ainsi se termine la rubrique Toponymie des Chroniques de la gare,

(Laurette Beaulieu)

Photo 1  La scierie Blue River Lumber

Photo 2  Un jour de bazar à Rivière-Bleue

Photo 3  Sur la «side line« derrière la magasin J.A.Beaulieu

 

 

Ce texte provient de la série « Et si on parlait de toponymie… » publiée dans le Journal Entre Deux Lacs. Elle permet de savoir qui sont ces personnalités dont les noms ont été donnés aux parcs, aux bâtiments, aux rues et aux cantons.