Quelle ne fut pas la surprise d’Alma, lorsqu’elle eut besoin de son baptistère pour entrer à l’École normale, de devoir se rendre à Saint-Marc-du-Lac-Long. En effet, c’est là qu’elle fut baptisée. C’était en novembre 1916 et le curé, ce jour là, était absent. Aussi, sans plus attendre, le parrain, la marraine, le père et la porteuse, et bien sûr la petite Alma, sont montés à bord du  »pumper » et, en route pour Saint-Marc !

Son père étant  »foreman » des sécessionnaires, Alma et toute la famille avaient des passes pour voyager. Elle se rappelle, elle et sa mère, s’en servir pour aller s’habiller à Québec. Parties à 2 heures de la nuit, elles revenaient la nuit suivante à 4 heures le matin. Un horaire très pratique pour les gens de la région qui avaient besoin de se rendre à la capitale pour affaires ou pour se faire soigner.

Mais quant au magasinage, rien n’égalait les catalogues ! Quelle effervescence à la gare quand ceux-ci arrivaient : EATON, Simpson et surtout Dupuis, dans lequel on pouvait commander la petite robe noire des couventines.

Peut-être me chicanerez-vous pour le mot  »sécessionnaires », car vous aurez le plus souvent entendu  »cessionnaires ». Mais c’est ainsi que Madame Alma Bélanger Saucier les appelle, puisque la division Glendyne était séparée en sections, une tous les douze ou seize milles, avec un groupe de 4 à 5 hommes qui surveillaient et réparaient la voie et se déplaçaient en  »pumper ».

C’est Madame Alma qui m’a raconté.
Le jaseur des rivières
(Laurette Beaulieu)