J.-Alphonse Langlais (1892-1967), notaire

Originaire de Kamouraska, Joseph-Alphonse Langlais est l’aîné d’une famille d’agriculteurs qui compte plusieurs professionnels et membres du clergé. Il fait ses études notariales à l’Université Laval et, en 1916, installe son bureau à St-Éleuthère. Pendant quatre ans, il fait l’aller-retour pour desservir Rivière-Bleue.

Le 4 mai 1920, il achète la maison du Docteur Janelle, décédé peu de temps auparavant, et s’y installe avec sa jeune épouse, Mathilde Masson de Québec (1893-1984). Madame Langlais initiera à la pratique du piano plusieurs générations de jeunes Riverains. Trois enfants viendront égayer la maison : Jacques, Gérard et Madeleine.

En plus de sa pratique notariale, J.-Alphonse Langlais est très actif dans tous les domaines de la vie économique et sociale. En 1921, avec des amis, il fonde la Cie électrique de Rivière-Bleue (téléphone). Il sera secrétaire–trésorier du village pendant trente ans, puis secrétaire de la paroisse (1924-36), et celui du comté de Témiscouata (1937-67). Au cours de cette dernière fonction, il participera à la fondation de l’union des Conseils de comtés, ancêtres de nos MRC, dont il sera le premier secrétaire.

Il travaillera, avec le curé Philippe Belzile et le maire Alphonse Beaulieu, à l’obtention des services d’un agronome. Avec la Cie «Les Amendements calcaires de Rivière-Bleue», cela améliorera les méthodes de culture de la région.

Président de la Commission scolaire il unit ses efforts à ceux du curé pour la venue des Sœurs du Saint-Rosaire et celle des Clercs de Saint-Viateur. On le retrouve aussi président de la Caisse populaire, de la Chambre de commerce, président des syndics chargés du règlement de la dette de la paroisse résultant de la construction de l’église.
Maître de chapelle, organiste à l’occasion, animateur des fêtes paroissiales et des pièces de théâtre, sans oublier son rôle le plus important celui qui a laissé tous ces actes notariaux qui portent sa signature! Comment ne pas reconnaître que le notaire Langlais fut un pilier de ce jeune village en développement où il est arrivé alors que les souches avoisinaient la rue principale et qu’il a quitté au sommet de son développement.

(D’après : Mathilde Masson et J.A. Langlais, Livre du 75e de Rivière-Bleue, page 295)

 

Alphonse Beaulieu, commerçant et député

Alphonse Beaulieu

Alphonse Beaulieu

Alphonse Beaulieu est né à Rivière-Ouelle le 29 décembre 1892 de Ludger Hudon dit Beaulieu et d’Eulalie Gagnon. Marie-Louise Boucher, fille d’Arsène Boucher et de Julia Bélanger de Saint-Pacôme est née le 19 novembre 1896. De leur union le 21 avril 1914 sont nés cinq enfants : Joseph (1915), Marguerite (1916), Irène (1920), Laurette (1921) et Thérèse (1925).

D’abord marin sur le « Lady Evelyn », caboteur postal de Rimouski aux Grands-Lacs, Alphonse se reconvertit dans le commerce comme commis à St-Pacôme chez un marchand général puis à Rivière Manie pour un marchand de bois. De retour à St-Pacôme il entend parler d’un poste de gérant de magasin à Edmundston. Sans tarder il prend la voie du National Transcontinental Railway et descend du train à Rivière-Bleue pour assurer la gérance du magasin de la Blue River Lumber Cy. Nous sommes en 1919. Suite à l’incendie de ce magasin en 1922, il part, à son compte, un magasin général auquel s’ajoutera le commerce des chevaux pour les besoins des chantiers de la compagnie et des colons.

À son arrivée, Rivière-Bleue est en plein essor et Alphonse s’implique rapidement dans la vie communautaire de sa paroisse comme conseiller, commissaire d’école et marguiller. Maire de 1925 à 1936, il s’engage avec ses concitoyens dans la lutte contre la pauvreté engendrée par la crise, entre autres moyens, par la construction du premier aqueduc de Rivière-Bleue «sur les travaux d’hiver».

Finalement, Alphonse se lance dans la politique active sous la bannière libérale: il sera député provincial du Témiscouata de 1935 à 1936 et de 1939 à 1944 : l’Académie pour les garçons, la voirie, l’obtention d’un agronome résident, l’École d’Arts et métiers de Cabano, l’École normale de Sainte-Rose-du-Dégelis, l’agrandissement de l’Hôpital de Notre-Dame-du-Lac et de l’orphelinat agricole de Sully, autant de projets réalisés ou mis en route lors de son mandat, tel celui de l’électrification rurale du sud du comté, effectuée en 1945.

En 1947, suite à la disparition, faute de bois, de plusieurs scieries, il fonde avec Joseph Chamberland , Raoul Landry et deux autres associés la Fonderie B.C.L. On y fabriquait des tuyaux de fonte et, dans un bâtiment annexe, des portes et fenêtres. Il en sera le directeur jusqu’à sa vente en 1953.

Marie-Louise a été la femme derrière l’homme, douce mais déterminée, économe mais généreuse. Sa table était toujours ouverte et bien garnie, car nombreux étaient les voyageurs de commerce et la parenté qui trouvaient à la maison logis et couvert. Elle s’est impliquée dans la vie paroissiale tout au long de sa vie et jusqu’à la toute fin, à la Villa de la Rivière, où elle était responsable de la liturgie. Sa grande foi lui a permis de surmonter l’épreuve de la perte de sa fille Laurette, morte à l’âge de 18 ans de la tuberculose.

Les deux reposent au cimetière de la paroisse, Alphonse depuis 1955 et Marie-Louise depuis 1981.

(Texte : Laurette Beaulieu)

Un nouveau circuit audioguidé « Mon village et son train »

Le circuit Audioguide « Mon village et son train », composé de 17 capsules audio, a été conçu pour permettre une visite autonome des lieux. En effet, le visiteur pourra écouter ces capsules à l’aide des mono-écouteurs ou sur son téléphone intelligent et se faire  raconter l’histoire fascinante de la gare et de la vie dans ce coin de pays durant la première moitié du 20e siècle.

Ces petites capsules racontent notre histoire : En 1914 un premier train arrive à Rivière-Bleue.  À la même époque, la scierie Blue River Lumber est  bâtie à la croisée de ses deux rivières à « drave ». Un boom économique transforme alors ce village tranquille en une  communauté florissante où rien ne manque : église et écoles, industries et agriculture, pas même le bootlegging

En ce temps de changement, pourquoi ne pas venir faire un tour à La Vieille Gare avec vos amiEs et la parenté ? C’est une belle sortie qui vous est proposée et une invitation toute particulière à visiter notre exposition permanente de façon autonome et agréable.

Marielle Landry
Présidente de la Corporation du patrimoine de Rivière-Bleue

Convocation à l’Assemblée générale annuelle de la Corporation du patrimoine de Rivière-Bleue

À tous les membres,

L’Assemblée générale annuelle aura lieu le mercredi 23 septembre, à 19 h, à la Vieille Gare de Rivière-Bleue.Venez nombreux faire le bilan des activités de la Corporation du patrimoine, participer à des échanges avec les autres membres et administrateurs, et élire les nouveaux administrateurs et nouvelles administratrices de la Corporation.

En raison du contexte exceptionnel lié à la COVID-19, des mesures spéciales seront appliquée : le lavage des mains à l’arrivée, l’obligation de porter un couvre-visage et la distanciation physique de d’au moins 2 mètres entre les individus sur les lieux de l’Assemblée générale.

L’Avis de convocation à l’Assemblée ainsi que les documents nécessaires ont été envoyés à tous les membres en règles par courriel le 21 août dernier.Il est important de noter que pour participer à l’Assemblée, vous devez obligatoirement être membre en règle. Pour renouveler votre carte de membre, veuillez nous contacter à l’adresse courriel : patrimoine.riviere-bleue@hotmail.com.

Le Conseil d’administration

En direct des archives paroissiales

De 1914 à 1957, nos curés ont tenu, avec plus ou moins de constance et de détails, les registres de la paroisse, le plus prolixe d’entre eux étant l’abbé David Thériault (1920-1926). De ces archives où voisinent nominations des curés, délibérations sur la construction de l’église, prônes, expéditions contre les bootleggers, conversions, et petits faits de la vie paroissiale, nous avons choisi quelques passages. Une incursion dans la vie riveraine du début du 20e siècle. À lire avec les yeux de ce temps-là.

Retraites

Les premières années de la paroisse sont marquées par des retraites fermées de 8 jours, prêchées par des Révérends Pères et suivies, sauf la première, de la bénédiction d’une croix :

  • 1915
  • 1916 : bénédiction d’une croix au rang 6 chez Dosithée Boisclair
  • 1917 : bénédiction de la croix à L’École modèle
  • 1918 : bénédiction de la croix du rang (St-Hilaire) chez Laurent Fradette
  • 1934 : bénédiction de celle des « 4 Coins » 
  • 1942 : bénédiction d’une croix au Beau Lac, entre Alphée Nadeau et Baptiste Bossé, puis une chez Victor Aubut.
    Toujours au sujet des retraites, cette remarque du curé Thériault, le 16 juillet 1922, suite à la retraite ayant commencé le 9 : « Beau succès de la retraite. 3 hommes n’y sont pas venus : 2 vendeurs de boisson et 1 imbécile » .
Bénédiction de la croix au ''4 Coins''

Bénédiction de la croix au  »4 Coins »

Mai 1918 :  137 tenanciers (la majorité des francs-tenanciers), signent la requête pour la construction de l’église et du presbytère. La chapelle sera située au soubassement de l’église et non derrière le chœur comme il est d’usage. Cela est dû à la configuration du terrain et son peu d’étendue derrière l’église.

1920 : De Mgr le Vicaire capitulaire de Saint-Germain au Révérend abbé David Thériault lors de sa nomination à la cure de Rivière-Bleue : « Vous percevrez des fidèles les dîmes et oblations accoutumées. Vous aurez droit de plus, à un supplément consistant en la vingt-sixième botte de foin, les vingt-sixièmes minots de patates et une corde de bois scié et fendu dont la moitié pour votre usage et l’autre moitié pour celui de l’église. Vous aurez aussi la jouissance du terrain disponible sur lequel sont élevés les édifices religieux de la paroisse. »

La statuaire de l’église

D’où nous viennent les statues et le chemin de croix ?

  • 1914 : un premier St-Joseph (6 pi.) est payé par James Crawford. Il arrivera brisé et les ateliers de St-Jean-Port-Joli le remplaceront par un autre St-Joseph et une Ste-Anne (4,5 pi.)
    • une Vierge Marie vient de Monsieur St-Laurent, curé de St-Eusèbe
    • un Sacré-Cœur est payé par Joseph Héroux et les paroissiens
    • un Saint-Antoine est donné par Émile Théroux
  • 1920 : une souscription de 1 550$ ramassée en 18 jours auprès des paroissiens permet l’achat du chemin de croix aux ateliers Doprato de New-York. Un protestant y a contribué pour 100 piastres. Il sera béni le 12 décembre.
    • on commande aux mêmes ateliers un St-Joseph de 5,5 pi. pour la chapelle (150 $) offert par Alphonse Beaulieu.

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21 décembre 1920. Les autorités civiles et le curé organisent une saisie de boisson dans la paroisse et les paroisses avoisinantes : 10 à 12 000$ de boissons et 31 amendes !

4 mars 1921. Deux concubinaires gravement malades appellent le curé pour mettre en ordre leur conscience avant de mourir. On en appelle à Mgr qui décrète : il doit y avoir séparation, puis lecture au trône des actes de réparation du scandale, puis abjuration. Les deux personnes acceptent ; la dame décédera et l’homme survivra et mènera une vie exemplaire. Les témoins signataires furent Augustin Quenneville, le Dr A.Fortin et le Curé.

15 mars 1921. Joseph Bouchard décède à l’âge de 75 ans. Il avait combattu les Fénians.

8 mai 1921.  « Depuis près de trois semaines, la sécheresse se maintient. Le soleil est ardent, le vent très violent. Il y a du feu partout. On demande de la pluie. Il ne pleut pas. Pourquoi ? Probablement, parce qu’on fait un peu trop mauvais usage de l’eau – on la convertit en eau de vie. Cessez de boire, ivrognes – hommes et femmes – et Dieu vous écoutera. »

5 juin 1921. Le curé au prône rappelle à ses paroissiens leur devoir de s’enregistrer au recensement, «de ne pas avoir honte ni peur de se dire canadien-français, catholique, et instruit dès lors que l’on sait lire et écrire».

Visite paroissiale de 1921

139 familles en paroisse
163 familles au village
1743 âmes
1139 communiants

14 juillet 1921. Le curé se plaint que le jour même de la confirmation par Mgr Léonart, les conseillers, pour un malheureux 25$ de taxes, ont laissé un cirque s’installer en plein milieu du village ! « On a de l’argent pour aller au cirque, on n’en a pas pour la dîme et la capitation. »

29 août 1921. Ouverture d’une succursale de la Banque Hochelaga, tenue par Alex Hubert.

Les démêlés du curé et du boulanger Baker. Ce boulanger, concubinaire, s’était installé avec femme et enfants à Rivière-Bleue. Dans un premier prône le curé avertit ses paroissiens de ne pas se fournir chez celui-ci, d’autant plus «qu’il y a déjà un boulanger, excellent chrétien, qui vous donne pour le même prix, un pain réputé supérieur».
Le dit Baker, Arthur Pattore de son vrai nom, réplique en assurant ses clients qu’il a fait une entente avec le curé. Nouveau prône pour démentir l’audacieux. Baker riposte en écrivant à Mgr pour se plaindre des injustices à son égard. Lettre qui sera lue au prône avec quelques commentaires bien sentis. La fin de l’histoire ? Baker, de guerre lasse, partira en mars 1922.

30 octobre. Désormais, plus d’encan le dimanche !

18 novembre 1921. Triste accident: Émile Gagnon, 18 ans, en tentant d’abattre un arbre, une branche s’est détachée : il a eu le crâne défoncé.

23 novembre 1921. Décès de James Crawford, président de la BRL Cy à 67 ans. « Un converti généreux, mais qui vivait avec une jeune personne qui n’était pas la sienne (…). » À son corps défendant, prend-on soin d’ajouter !

22 janvier 1922. La Cie Électrique de Rivière-Bleue au capital de 20 000$ ouvre officiellement son réseau téléphonique entre Notre-Dame et St-Éleuthère. Le central et le siège de la compagnie sera à Rivière-Bleue. Elle compte 90 abonnés. Ses administrateurs : Joseph Héroux, président et gérant, Robert England de la Blue River Lumber Cy, vice-président, J.A. Langlais, notaire, secrétaire 

1er février 1922. Décès subit de Démétrius Robichaud « en revenant du bois où il avait travaillé tout le jour sans apparence de malaise. Ayant toujours manifesté une certaine hostilité à l’Église, et n’ayant pas fréquenté ni les sacrements ni l’Église, il s’en vantait, avis par lettre fut envoyé à Monseigneur (…). Le quatre on l’enterrait dans la partie non bénie du cimetière. Comme résultats certains renards se sont empressés de se mettre en règle avec l’Église. »

Des pétitions. le 26 février à Ottawa pour le rétablissement du service de train Express vu qu’Ottawa vient d’en supprimer 3 par semaine. Celui-ci assure la malle et les voyageurs. Sans succès !

Le 5 mai : au PM de la province contre le suffrage des femmes «en principe et en pratique» à la demande de Monseigneur et de tous les évêques du Québec. Il fut signé par toutes les femmes présentes à la messe et aux vêpres. Efficace : le vote des femmes au provincial ne sera accordé qu’en 1940 !

Du 29 au 30 mars 1922. Concours de confessions.

2 avril 1922. Vu l’état des chemins, une requête est signée par tous les habitants ; une délégation des principaux citoyens de Glendyne, Rivière-Bleue et Sully est organisée par le notaire Langlais pour la porter au gouvernement. Elle y rencontre le ministre Perreault de la Colonisation qui se montre compréhensif, puis le ministre Perron de la Voirie. Là c’est un autre ton : il reproche aux délégués les taxes trop élevées dues aux églises de Rivière-Bleue et de Sully trop chères et en terminant «recommande l’économie, donnant pour modèle nos pères qui se contentaient d’un sentier et d’une charrette». Ce qui fit bondir le curé Thériault lequel répondit : «… c’était à l’époque où ministres et députés venaient siéger souvent à pied et apportaient dans leurs sacs les  »provisions » pour la session. Depuis tout a changé, les ministres logent au Château Frontenac et dînent à la table du prince. Les charrettes ont disparu pour faire place aux automobiles. Et tous les députés de la région et les ministres qui prêchent l’économie, en temps d’élection viennent nous faire des compliments en automobile.» Résultat ? «Inutile d’ajouter que nous n’avons rien eu. On nous a fait un reproche quelques jours après : il y avait cinq conservateurs parmi les délégués. Parole ! »

23 avril 1922. Les moulins et le chemin de fer ayant adopté l’heure d’été, heure avancée, la paroisse fera de-même pour les services religieux.

Une première bibliothèque. Le 30 avril une bibliothèque ouvre ses portes, ou plutôt les portes de la sacristie : 300 volumes et 1$ l’abonnement annuel.

Une conférence sur l’apiculture est donnée le 6 août 1922 au soubassement de l’église, après la messe, par M. Vaillancourt du département de l’Agriculture. Serait-ce à la suite de cette conférence que le jeune Antonio Bélanger s’est lancé à 17 ans, en 1923, dans cet élevage, une industrie toujours active à Rivière-Bleue grâce à son fils Henri ?

Les  »mauvaises filles ». Extrait du prône du 3 septembre 1922 : «Tout le monde sait qu’il y a dans la paroisse 2 mauvaises filles. Un trop grand nombre les encourage dans le vice, en les hospitalisant, en leur donnant du pain, soit en les voiturant. Je demande qu’on m’apporte des faits pour les placer. Quant à ceux qui les protègent, de quelque manière que ce soit, une résolution est prise : ne pas entrer chez eux à une visite de paroisse. Il ne sera pas dit que le curé accorde considération à des scandaleux de cette espèce.

Note. Le même soir, quelques paroissiens ont enlevé ces deux filles, leur ont payé leur passage pour Van Buren, Maine, E.U. et les ont mises dans le train de minuit.»

19 novembre 1922. Un syndicat agricole se forme pour l’achat d’une botteuse de trèfle.

Sully et Glendyne brûlent. Le 13 juin 1923, «un feu de forêt, activé par une grande brise, vent d’ouest a pris de telles proportions qu’à midi on craignait pour le village d’Estcourt. À 2 heures le vent étant plus fort, tout le village de Sully brûlait. En même temps le village de Glendyne, partie de l’église y compris, brûlait en moins d’une heure.
Le soir le curé et quelques paroissiens organisent des secours. Ils partent avec 2 pleines charges d’autos, provisions de bouche. Au risque de leur vie, ils passent dans le feu. Le curé s’est brûlé la figure et les mains voulant se rendre coûte que coûte avec le Docteur pour porter secours aux blessés».

25 juin 1923. Une quête, linge, foin, bois, provisions s’organise pour les sinistrés : 12 charges de butin et de provisions, outre le foin et le bois, partent pour Sully, 4 charges pour Glendyne.

Recensement paroissial. 21 octobre 1923 : le village accuse une augmentation de 164 âmes, ceci «se comprend par le nombre de travailleurs étrangers au moulin»

On dénombre 14 familles de protestants pour 77 âmes.
136 familles toutes religions confondues, 2065 Riverains et 123 agriculteurs.

Un triste Noël. La nuit de Noël, après la messe de minuit, le feu ravage la demeure de Salomon Plourde : 4 enfants périrent dans les flammes. (Dans les archives le curé a écrit 1924 alors qu’en fait, l’événement a eu lieu en 1923).

1er juin 1924. Un contrebandier et vendeur de boisson, Arthur Pelletier, autrefois de Rivière-Bleue, est arrêté par l’huissier Lévite Sirois à Estcourt, du côté du Maine, et conduit à Fort Fairfield. Aussitôt Alfred Lévesque organise une expédition de gens d’ici armés et décidés à le délivrer par la force. La démarche ayant été sans succès, on a mis le feu aux bâtisses de Sirois. Une enquête est ouverte, 300$ offerts à celui qui pourrait identifier les deux fuyards vus sur les lieux. Pelletier restera en prison et l’incendie ne sera pas résolu.

Une affaire d’élections. Dans la soirée du 28 octobre 1924, le notaire Rousseau de Trois-Pistoles, après son discours aux dames, est enlevé. Les amis politiques le cachent puis font croire qu’il est perdu dans les bois. Par la suite, Rousseau se plaint à l’évêque, accusant le curé d’avoir organisé son enlèvement et même d’avoir prêté son auto. En haut lieu, confie le curé, on le croit coupable, cela après un an, et bien qu’il ait demandé une enquête qui n’a jamais eu lieu. Même le Dr Fortin et Joseph Héroux avaient déposé plainte. La cause de tout cela, selon M. Thériault, était qu’il avait refusé de faire son prône en faveur du candidat de Rousseau, le Dr Parrot.

30 août 1925. Fondation de la Congrégation des enfants de Marie

20 septembre. Fondation de la Confrérie de la Sainte-Famille
Les belles bannières conservées à l’église dateraient-elles de cette époque?

Licence de bière. « Au cours de janvier et février, des démarches sont faites, en haut comme en bas lieu, pour obtenir une licence de bière. Le curé s’y oppose de toutes ses forces, et finit par gagner à sa défense les deux maires des deux municipalités. Et il obtient du juge Carroll de Québec, le contentieux de la Commission des Liqueurs qu’il n’y en aura pas. »

D’avril à août 1925. 30 vendeurs de boisson et de  »vins médicamenteux » sont arrêtés et reçoivent sentence. Le curé a «organisé, patronné et financé» ces arrestations.

De 1914 à 1936. Ce sont des années fertiles en apostasies, abjurations, mariages mixtes, annulations. Avec le concubinage et le commerce de boisson, c’est une paroisse turbulente dont ont hérité nos pasteurs.

14 avril 1926. Un vicaire coadjuteur, Monsieur Pelletier vient seconder le curé Thériault. Son salaire: 500$ payé moitié par l’évêché, moitié par la paroisse.

Un clocher bien garni. Le 30 septembre 1929, l’Évêque de Rimouski bénit une première cloche. Elle vient de la fonderie Jules Robert de Nancy, de note Fa, pèse 2 200 lb et se prénommera Paul-Eugène. Étaient présents le chanoine Victor Côté curé de Matane, le Révérend Joseph Drapeau, curé de St-David, Charles Pelletier, curé de St-Eusèbe, Jean-Baptiste Bouchard, curé de St-Marc, plusieurs autres membres du clergé, François Dumais marguiller, le notaire Alphonse Langlais président des syndics, Alphonse Beaulieu, maire du village, Joseph Bélanger, maire de la paroisse, le Dr Louis Fortin, organiste et une foule de paroissiens. Le curé d’alors est Monsieur Albert Ouellet.
Sous le curé Georges Côté, seront bénies le 4 novembre 1956 trois nouvelles cloches. Elles viennent de la fonderie Bollu ( ? ) d’Orléans France. La plus grosse, 1 540 lb, de note Sol porte le nom de Pie X, la deuxième, Charles-Eugène, 1050 lb, donne le La et la plus petite, Joseph, 640 lb, sonnera en Do. Un clocher qui nous donne depuis l’accord classique: Fa, Sol, La, Do. 

La voûte de l’église. Depuis mars 1941 on discute de refaire la voûte de l’église, plus bas, afin de ménager le chauffage. L’architecte Charles-Édouard Pelletier de Ste-Anne-des-Monts est prêt à faire les travaux pour 7 000$, voûte et peinture. Beaupré et Durette promettent de fournir le bois scié (20 500 pi.) pour la voûte et Alphonse Beaulieu le bois pour les échafaudages. Beaucoup d’opposition d’autant plus que la fabrique doit 25 000$ à l’évêque pour l’église. Finalement la décision sera emportée le 16 novembre sauf trois réfractaires. La sacristie était pleine de monde. Le tout coûtera 6 108.05$; avec la différence on fera la peinture de la toiture et on posera des paratonnerres.

Les verrières du chœur datent de 1942 ; elles viennent de Hobb & Glass de Montréal. Ce sont des dons : le mariage de St-Joseph (Pierre Landry) ; la naissance de Jésus (Auguste Bérubé) ; la fuite en Égypte (Évariste Simard) ; la mort de Joseph (J.A.Beaulieu). Elles coûtaient 130$ ou 140$ .

9 au 11 août 1943. Un bazar pour l’achat de l’orgue rapporte 5 000$. Celui-ci acheté chez Casavant coûtera 6 000$.

1944. Le réseau électrique, propriété de la Quebec Power Company, sera prolongé de St-Anne-de-la-Pocatière à Rivière-Bleue. Les nombreuses démarches des citoyens soutenues par le député Beaulieu ont permis ce grand progrès.

19 mars 1945. Bénédiction de l’École St-Joseph pour les garçons, communément appelée  »le p’tit Collège ». Les travaux avaient été retardés par la difficulté de se procurer les matériaux en période de guerre.

15 novembre 1945. Le curé April obtient le permis d’opérer une machine  »Film Sound ». Enfin des vues parlantes chaque semaine à Rivière-Bleue ! 

Une centenaire est fêtée le 4 juillet 1946, Marie-Célina Roussel. Elle était née le 6 décembre 1846 à Cacouna ; elle décédera chez nous en 1947.

30 septembre 1957. Le livre des archives se ferme avec la nomination de François Gagnon nommé vicaire.

Et sur ce, en ce décembre 2014, nous fermons la chronique C’Était hier …

Le jaseur des rivières
(Laurette Beaulieu)