Le pont sur la Saint-François
Qui se souvient du pont sur la rivière Saint-François à Rivière-Bleue ? Pas celui du moulin Landry, plus récent. Celui-là servait à la D’Auteuil pour aller chercher le bois au Maine et l’apporter au moulin Landry (et quelques paquets de cigarettes… ). Je vous parle du pont du village à la hauteur de la maison de Fernande Ducasse. Ce pont-là fut construit par la Blue River Lumber dans les années 1910.
À l’époque, le bois dravé sur les rivières Bleue et St-François était séparé à la »gap » : d’un côté le cèdre, de l’autre le sapin et l’épinette. Le cèdre on le dirigeait par un méandre de la rivière du côté américain. Là, on l’empilait à l’aide d’un »donkey » actionné à la vapeur. Cette vapeur était acheminée par un tuyau à partir du gros moulin. Lorsqu’il était temps de scier le cèdre ou d’en faire des bardeaux, on le rapatriait à l’aide d’un Fordson fonctionnant, lui aussi, à la vapeur. Mais les gamins du coin en faisaient un tout autre usage de ce pont : ils l’empruntaient pour aller vagabonder aux States et poser leurs collets à lièvres. Pas besoin de vous dire combien ces lièvres-là étaient bons !
C’est Jos qui m’a raconté.
Le jaseur des rivières
(L.Beaulieu)
