Anecdotes et témoignages

Les D’Astous

Adrien raconte : « Mon grand-père, Irénée D’Astous, était contremaître sur la section de Rivière-Bleue. Le 18 mars 1918, il est frappé par la locomotive, une Mikado du gouvernement canadien. Transporté à la gare, il y décède peu après, à l’âge de 44 ans, laissant sa femme avec dix orphelins. La Compagnie accueillit quatre des fils dans ses rangs et la famille D’Astous devint, de génération en génération, une famille d’employés du CN. »

Lire aussi : Texte D'Adrien D'Astous (pdf) paru dans la revue Track (21 décembre 2008)

Le baptême d’Alma

Lorsque la jeune Alma Saucier, de Rivière-Bleue, veut entrer à l’École normale, elle doit aller chercher son baptistaire à Saint-Marc-du-Lac-long. Elle apprend alors de son père l’aventure de son baptême en novembre 1916. Ce jour-là, le curé de Rivière-Bleue était absent.  Sans plus attendre, le père, le parrain, la marraine, la porteuse et le bébé montent à bord du « pompeur » et… en route pour Saint-Marc !

Une gageure qui tourne mal

Léo Dubé et Dieudonné Daudelin, deux bons copains, se lancent un défi : « Qui sera le premier à la crossing à Jos ? » Ils partent donc du moulin Landry où ils travaillent, le mercredi des Cendres, 14 février 1915, par un froid de canard. L’un prend la voie ferrée, l’autre, la route. Léo est sûr de gagner avec son traîneau à chiens. Malheureusement, il a la tête et les oreilles emmitouflées et n’entend pas le sifflet du train. La charrue le projette dans le champ près de la crossing. Il s’en tire, mais demeure handicapé. Pas besoin de vous dire que le traîneau à chiens…c’était terminé pour lui !

La gare « sportive » de M. Lebel

De 1938 à 1943, l’agent de station est Alfred Lebel, père de 7 enfants. Avec l’aide des voisins et la participation du CN, il fait construire le premier tennis du village en face de la gare, de l’autre côté de la voie ferrée. En hiver, le terrain est converti en patinoire. Ainsi, la salle d’attente sert de salle de repos pour les sportifs, de lieu de rencontre pour les amis et parfois même d’arène de boxe pour les cinq garçons de la famille !

Au temps de la guerre

Durant la 2e grande guerre le pont était gardé en permanence par  M. Desrosiers et M. Sim Landry. Des convois de matériel et de soldats circulaient.  Le premier train portait à l’avant deux drapeaux verts : cela voulait dire qu’un autre train suivait d’assez près et ainsi de suite jusqu’à l’avant dernier.

À la gare de Pelletier

Il arrive à certains voyageurs de débarquer du train à « Pelletier vers cinq heures, a.m., et deux heures plus tard les chevaux de l’hôtel Bouchard se mettent en route pour vous conduire sans difficulté au train de midi de Saint-Alexandre. C’est une randonnée d’environ quatre heures tout au plus en tenant compte de l’état des routes.  La grande majorité de la clientèle se compose d’hommes d’affaires et de professionnels qui effectuent un aller rapide à Rivière-du-Loup »  (Extrait de La roche écrite de Mariette Bouchard)

Deux habitués originaires de Rivière-Bleue furent les clients de Monsieur Bouchard : le notaire Langlais et Madame Marie-Louise Beaulieu accompagnée de son fils Joseph se rendant à Saint-Pacôme visiter sa famille.

À la messe de minuit en pompeur

Dans son livre « Mes jeunes années à Pelletier station », Roger Paquin raconte, et nous résumons: « Habituellement nous nous rendions à Estcourt pour la messe de minuit à bort de la caboose du train de marchandise, pour revenir dans la nuit par le train de passagers.  Mais, ce Noël 1935, le train avait été supprimé.  Mon père fait donc appel au contremaître du groupe de maintenance qui a accès à une draisine à moteur. Douze hommes montent à bord. Mais, au lieu de se diriger vers Estcourt, nous prenons la direction opposée vers Rivière-Manie : 29 km de forêt, sous la pleine lune et la neige fine, et tout au bout, une messe de minuit dans la salle à manger du chantier. Pour mon frère et moi, ce fut un vrai conte de Noël, à jamais gravé dans nos mémoires »

Le déraillement au jambon

Un malheureux–heureux événement. C’était dans les années trente au temps de la crise et de plus, au printemps. Au pont de fer de Rivière-Bleue, il y eut un déraillement : des wagons se sont déversés dans la rivière. Dans l'un d'eux, il y avait plein de jambons fumés. Pas besoin de vous dire, ce fut vite la pêche au jambon!

Les « hobos »

Au temps de la crise beaucoup de chômeurs et d'indigents voyageaient clandestinement à bord des trains de marchandise. Les contrôleurs fermaient les yeux, conscients de la misère de ces malheureux à la recherche d’emploi. À Pelletier Station, pendant que la locomotive retournait chercher la deuxième moitié des wagons à Estcourt, les clandestins s’amenaient à la gare où M. Paquin, l’agent, leur donnait du pain et du thé.

L’intérieur des wagons de bois étaient couverts de graffitis : c’étaient des noms, ceux des « hobos », ainsi qu’on appelait les clandestins. Bien sûr, les mères de famille ne manquaient pas de mettre en garde leurs filles contre ces  « hobos » .