L’histoire de la Vieille Gare

De Tarte à Rivière-Bleue

En 1913, une première gare est construite à Tarte, un endroit à environ 4 km à l’est du site actuel, et baptisé en l’honneur de Sir Israël Tarte, journaliste, homme politique et ministre des transports sous Wilfrid Laurier. D’ailleurs, l’appellation Tarte Siding est toujours en usage dans le réseau. Le 4 janvier 1914 un premier train s’y arrête en provenance d’Edmunston. En 1915, le bâtiment est déménagé, par voie ferrée, un mille plus loin, à Rivière-Bleue. La gare est agrandie afin d’y loger la famille d’Arthur Aubut, premier agent de station résidant à Rivière-Bleue.

La voie ferrée du Transcontinental et la « station » deviennent l’élément clé du développement du village : par eux arrivent et repartent les denrées, les produits forestiers et agricoles, les voyageurs. Jusqu’après la 2e guerre, le chemin de fer est le seul moyen de sortir en hiver et le télégraphe, alors monopole des chemins de fer, le moyen de communication le plus rapide.

La station, telle qu’on la nommait à l’époque, demeure en service jusqu’au 27 octobre 1979, date du dernier arrêt d’un train passager en provenance de Charny. Cependant, la voie ferrée est toujours utilisée pour le transport des marchandises par le CN et constitue l’une des voies principales du réseau dans l’est du pays.

Le déménagement de la gare en 1915
Le déménagement de la gare en 1915
Arthur Aubut devant la gare
Arthur Aubut devant la gare

 Une architecture typique

Le bâtiment de la Vieille Gare est typique des gares du Transcontinental des années 1910, selon un plan en  » L « . De style pittoresque, avec une galerie en façade, la gare est coiffée d’un toit à croupes et d’avant-toits débordants, percés de grandes lucarnes. Ces caractéristiques architecturales, qui ont été conservées, en font un bâtiment patrimonial de grand intérêt. Il a été cité monument historique par la municipalité de Rivière-Bleue en 2007 et il est maintenant inscrit au Répertoire canadien des lieux patrimoniaux ainsi qu’au Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

Une gare sauvée de la démolition et réhabilitée

En 1981, son acquisition par la municipalité, à l’initiative de Bibiane Landry-Gagnon et du Club d’artisanat Riverain, lui permet d’éviter la démolition, sort réservé à toutes les autres gares du Transcontinental. En 1983, grâce à une subvention du Ministère de la culture, à la contribution de la municipalité et à la collaboration du groupe Katimavik, elle est rénovée et aménagée pour y loger la boutique et les ateliers du Club d’artisanat ainsi que le Musée du Pionnier, un musée privé qui fermera en 2004. L’année suivante, un groupe de citoyens et de citoyennes se sent interpellé par l’état critique du bâtiment, les besoins du Club Riverain pour un local « revampé », la récente fermeture du musée scolaire et religieux Wilfrid Gauthier, et l’approche des centenaires de la gare et de la paroisse ainsi que la nouvelle Route touristique des Frontières. En 2006, la Corporation du patrimoine de Rivière-Bleue est formée et se donne pour mandat de rénover la gare, de la réhabiliter en un complexe touristique, artisanal et muséal, lui assurant ainsi une vocation économique viable dans le futur. 

La Vieille Gare de Rivière-Bleue est aujourd’hui la seule à pouvoir témoigner du passé ferroviaire de la région. 

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